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Mairie de Fonbeauzard

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Echo 79 septembre 2017

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Histoire de Fonbeauzard

Quelle est l'histoire de Fonbeauzard, notre village? D'où vient son nom? Quels furent les personnages illustres des temps anciens? Pourquoi son territoire, à cheval sur l'Hers, a-t-il une forme aussi particulière? Comment une commune si petite a-t-elle pu subsister jusqu'à nos jours, si près de Toulouse : avec  ses 132 hectares, c'est la plus petite commune du département...

A ces questions et à quelques autres, nous allons tenter de répondre. Pour tous ceux que l'histoire intéresse et qui, sensibles aux charmes du passé, y puisent des forces pour l'avenir, voici une invitation au rêve... une balade à travers les siècles, au coeur de ce Midi Toulousain que nous habitons, parfois aujourd'hui sans savoir ce qu'il fut hier. Fonbeauzard a une histoire et quelle histoire ! Puissiez-vous l'en aimer davantage.
 Plan parcellair ancien
Plan parcellaire ancien
Lorsque Toulouse n'était qu'un bourg fortifié en forme de coeur, au Nord s'étalaient de vastes étendues agricoles, "La Lande", où allaient paître les troupeaux de l'Abbaye de Saint Sernin. Entre Hers et Garonne, ces espaces s'étiraient le long de routes aménagées dès le Bas-Empire Romain et l'on y trouvait de nombreuses métairies appelées "Bordes" ou "Bouzigues" (d'où les lieux-dits actuels Bordelongue, Borderouge...). Un immense domaine formé aux temps carolingiens les enveloppait : "Fontanis", ou la terre de Fontanes.

Dès le XIIème siècle, à l'époque des croisades, c'est le comte de Toulouse qui a toute souveraineté sur ces lieux ainsi que l'Eglise. Cherchant à renforcer son pouvoir et sa fortune, pour mieux faire la guerre aux "Hérétiques", le comte délègue une partie de ses prérogatives à d'autres seigneurs, ses vassaux. En échange d'un serment de fidélité, le vassal reçoit des terres qui lui sont inféodées, c'est à dire confiées avec les pouvoirs de juridiction et de police dans l'étendue du territoire cédé. Le nouveau seigneur ajoute à son nom celui de la terre ainsi acquise. Un document de 1165 rédigé en latin nous apprend que le territoire formant notre actuelle commune était possédé par deux seigneurs : L'un religieux, le Chapitre de Saint Sernin et l'autre laïc, Marfaing de Valségur.

Puis en 1185, un nouveau document qui concerne un partage nous précise que le terroir de Valségur est situe en bordure de l'Hers. Le contrat contient des renseignements précieux. Ce sont deux frères Maurand, originaires d'une très puissante famille toulousaine, qui se repartissent les biens : Arnaud Maurand obtient "la tour-salle avec tour et autres maisons, casal et clos de Valségur qui touche aux terres de Olric Maurand s'étendant près de Launaguet", ainsi qu'un moulin et des pièces de bois. Les Maurand sont propriétaires de biens situés de part et d'autre de l'Hers. Cette rivière avait alors un cours très sinueux et les inondations étaient fréquentes. C'est ainsi que se formèrent les contours de notre village : à la fois propriété rurale et juridiction autonome. Issue des comtes de Toulouse, c'était une terre noble, avec des privilèges pour ses habitants, ce qui sera toujours reconnu sous l'Ancien Régime, par le pouvoir royal. Peu habitée, elle dépendait alors du village fortifié de Saint-Loup situé sur les coteaux.

Du XIII siècle au XVème siècle, plusieurs propriétaires se succèdent. Les terres changent souvent de mains car la période est troublée (Guerre de Cent ans) mais elles représentent aussi un capital qui peut constituer par exemple la dot d'une jeune mariée. La proximité de Toulouse attire les riches marchands ainsi que les Capitouls, à la recherche d'un patrimoine foncier témoignant de leur réussite sociale. En 1318, Aldric Maurand, capitoul, est seigneur de Valségur et Bordeneuve (métairie située à l'emplacement de notre actuel quartier des Cèdres). En 1463, Louis Du Bourg, seigneur de Clairac et également Capitoul, acquiert de Pierre Azémar pour 358 moutons-or un château appelé Fonbeauzard assis en la seigneurie de Saint-Loup, une borde appelée Bordeneuve et une autre appelée Valségur Ce qui correspond à peu près aux trois quartiers de notre village, désormais bien identifiés : le Grand Fonbeauzard (aujourd'hui Fonbeauzard Le Vieux), le Petit Fonbeauzard (car a l'époque le moins peuplé) et Clairefontaine. Le nom de notre village apparaît donc officiellement au milieu du XVème siècle : il est né autour d'une petite place forte avancée dans la plaine !

 Certains villages voisins n'ont pas encore leur nom actuel : Aucamville n'existe pas encore (il y a seulement le Camp Ville et Croix-Bénite qui ne seront réunis que beaucoup plus tard) et Saint Alban s'appelle alors Gaffelaze. En occitan, notre ancienne langue, les orthographes varient beaucoup d'un texte à un autre : "Fonbouzar, Fon(t) bausard, Fonte-bausardo, Fontboisard, la Fount Bausado... ". Selon les érudits, ce serait la "Fontaine boisée" ou encore la "Fontaine à Balthazar" ou encore "le fonds trompeur" (par opposition au Valségur - "le vallon sûr" - tout proche)... Ce qui est sur, c'est la présence très ancienne d'une Fontaine (La Fount en occitan), toujours visible aujourd'hui et qui continue de couler.
  Bertrand Sabatery
Bertrand Sabatery
Au XVIeme siècle, la paix revenue, Fonbeauzard va prendre de l'importance avec l'installation de hauts dignitaires du Parlement de Languedoc, l'un des plus puissants de France. Aux charges vénales qui apportent honneurs et richesse, les parlementaires veulent ajouter une possession seigneuriale qui confère des droits. Ils peuvent ainsi contrôler tous les rouages du pouvoir local.

 Un procureur au Parlement, messire de Sabatéry, est seigneur dans les années 1506-1510. Puis, en 1515, la terre et seigneurie de Fonbeauzard passent à une famille très en vue à Toulouse : les Du Tournoir (ou De Tornoêr). La tour de Tornoêr, construite à Toulouse en 1532 (visible rue Ozenne), témoigne de leur raffinement : elle renferme l'escalier de l'hôtel qu'ils habitent en ville. Guillaume Du Tournoir, natif de Bourgogne, est second président du Parlement de Toulouse. Dans un acte de 1540, sa femme est dite Dame de Fonbeausard. Ses héritiers, tous parlementaires, lui succèderont tout au long de ce siècle qui est celui de la Renaissance mais aussi celui des terribles guerres de religion.

En 1572, nous savons qu'alentour, les maisons, les métairies, les églises sont pillées et brûlées. En 1586 se produit l'assassinat d'un jardinier. Pour les seigneurs du lieu, proches du pouvoir royal de par leurs fonctions, mais aussi déchires entre La Ligue et la Réforme, la ruine menace. Elle survient en 1596, lorsqu'un descendant du procureur de Sabatéry saisit les biens de Fonbeauzard appartenant à Laurent Du Tournoir, fils d'Accurse l'héritier du Président, criblé de dettes.Laurent Du Tournoir
Laurent Du Tournoir


C'est alors qu'une nouvelle période s'annonce, plus paisible et qui va permettre le peuplement de Fonbeauzard sur la rive gauche de l'Hers. Originaire de Lodève, une autre famille de parlementaires, les Forest de Carlincar,

(cachet de cire aux armes des Forest de Carlincar)
acquiert la seigneurie de Fonbeauzard par mariage, en 1606, sous le règne d'Henri IV. Dès lors, notre village va prendre corps, devenant une réelle communauté d'habitants.

Ceux-ci sont représentés par des consuls (ancêtres de nos conseillers municipaux actuels) intronisés au cours d'une cérémonie qui a lieu dans le château : ils sont revêtus de la robe rouge et noir "le chaperon" (comme les capitouls de Toulouse) et prêtent serment de fidélité au seigneur du lieu. Celui-ci garantit en échange aux habitants un certain nombre de privilèges comme l'exemption du tirage au sort pour la milice (l'équivalent du service national actuel) ou l'exonération de la taille et de toute imposition royale (à l'exception de la capitation).

Profitant de cette période de relative prospérité le conseiller au Parlement Philippe André de Forest fait bâtir sous le règne de Louis XIII, un château avec des dépendances, et organise un jardin très élabore pour l'époque qu'il clôt de murailles. C'est sans doute de là que vient le nom du quartier de l'Enclos, à l'Est de notre village. Son fils Etienne est capitoul en 1656, son petit-fils maréchal de camp dans l'armée de Louis XIV. C'est à cette époque que le quartier du Mariel, précédemment sur Saint Alban , est rattaché à Fonbeauzard.

Dans divers actes notariés du XVlleme siècle, on trouve des baux à ferme passés avec les métayers du château. Ils nous apprennent l'existence d'un four à pain, d'une forge, d'un pigeonnier et d'un moulin qui étaient situés dans le vieux village et qui servaient à tous.

En 1732, terre et seigneurie sont vendues à Jean-Etienne de Malaret, parlementaire lui aussi et originaire de Verfeil : elles seront érigées en baronnie par Louis XV dès 1738. En contrepartie de ses droits, le nouveau baron est taxé du dixième des biens nobles. Son fils aîné Antoine, magistrat lié à l'affaire Calas (1761), épouse Dorothée Riquet de Bonrepos : le créateur du Canal du Midi a donc eu une descendante qui s'appelait madame de Fonbeauzard. Veuve 4 mois après son mariage (1762) puis remariée au Président de Cambon, elle sera guillotinée à la Révolution. N'ayant pas assez d'habitants (seulement 22 "feux" ou foyers) et pas d'église, Fonbeauzard était rattachée pour les questions religieuses (cela signifie à l'époque, également pour l'enseignement et pour l'état civil) à la paroisse de Launaguet. La communauté ne payait que la taxe communale, pour contribuer, par exemple, aux réparations de l'église paroissiale de Launaguet ou a la canalisation de l'Hers (le nouveau cours de la rivière tel qu'on le connaît aujourd'hui fut creusé vers 1750 et l'on construisit un pont de brique qui se trouverait aujourd'hui un peu en amont du pont actuel).

Or en 1744 voulant marquer leur indépendance, les habitants de Fonbeauzard défendus par leur représentant, le baron Jean Etienne, refusent de contribuer au paiement des réparations de l'église pour 370 Livres. A ce sujet, il est écrit que les habitants de Fonbeauzard se sont érigés en république ! De même, il ne fallait pas mélanger les habitants de Fonbeauzard et ceux de Launaguet pour le tirage au sort de la milice : habitants d'un consulat noble, ils protestèrent solennellement de leurs privilèges pour ne pas être enrôlés de force.

A la fin de l'Ancien Régime, le baron de Fonbeauzard est un officier d'infanterie : le colonel major du Régiment, de Piémont Joseph de Malaret, autre fils du baron Jean Etienne. Sensible à l'esprit des Lumières, il est membre d'une loge maçonnique à Toulouse et possède dans sa bibliothèque l'Encyclopédie de Diderot. On sait par divers actes de procédure que les droits féodaux n'étaient plus en usage a Fonbeauzard sous le règne de Louis XVI. Ainsi, en août 1776, des inconnus pêchent dans l'Hers avec un filet appelé "parre-bec". Interpellés par le garde-pêche du château, ils lui jettent des cailloux, criant qu'ils "se foutent de messire de Malaret" et battent un berger du seigneur venu a son secours. Plus tard, une foule de femmes et d'enfants restent assis dans les champs pendant les dernières heures de la nuit pour avoir une bonne place et glaner avantageusement dès le lever du jour, ce qui était théoriquement, défendu sous la peine du fouet ! ... Enfin, le taux de redevance féodale sur les habitants est l'un des plus faibles de la région pour un taux moyen de 15% environ).
 
 
   
Vint la grande révolution de 1789 : l'abolition des privilèges ! La Liberté, L'Egalité, la Fraternité. Comme dans tout le département, les institutions communales se mirent en place et le premier maire de la commune, le citoyen Moudenc, fut installé avec son conseil municipal en 1790. On sait encore fort peu de choses sur cette période à Fonbeauzard : le village dépendait du district de Bruguières et un temps il fut même incorporé à la commune de Launaguet. Mais des pressions en haut lieu permirent à notre village de garder son identité. Une tradition orale remonte à cette époque : la vierge à l'enfant que les anciens appellent "Nostra Dametto", statue en bois polychrome du XVeme siècle, serait sortie "miraculeusement" intacte d'un incendie qui aurait dévasté une chapelle. On l'a placée ensuite dans un petit oratoire, sur un terrain communal situé à l'angle de la route de Bessières et de l'impasse Audibert, où elle fut jusque dans les années 1960 l'objet de processions chaque mois de septembre. Elle est invoquée sous le nom de "Notre Dame de Fonbeauzard" et la piété populaire a disposé des "ex-voto" tout autour d'elle.

Après la Terreur, Fonbeauzard retrouve le calme et découvre les nouvelles institutions. Ceci jusqu'a la fameuse Bataille de Toulouse, en 1814 : cette année-la, les armées de Napoléon battent en retraite et le maréchal Soult ramène derrière lui, via Toulouse, celle qu'il avait lancée en Espagne. En ce mois d'avril pluvieux, les troupes de Lord Wellington qui viennent de franchir la Garonne à Grenade sont à ses trousses. Ils sont plusieurs milliers de soldats aux tenues chamarrées : des anglais , des écossais, des espagnols... et leurs chevaux. Le chef britannique occupe, paraît-il, le château de Launaguet. Ses hommes quant à eux s'installent dans les alentours (à Charta) avant le combat décisif qui aura lieu le 10 avril. Là aussi, une tradition orale veut que les anglais aient "campé dans la rue du village" (actuelle impasse Audibert). On dit même qu'un fantôme - le fantôme de l'Anglais - rôde encore dans une partie ruinée du château...

A cette époque, le principal propriétaire foncier du village est Joseph-François-Madeleine de Malaret, le fils du dernier baron de Fonbeauzard. A 22 ans, en 1792, il répond à l'appel de la patrie en danger et rejoint les armées de la République nouvellement proclamée. Mais arrêté comme suspect ex-noble, il est enfermé à la prison du Luxembourg à Paris jusqu'a sa libération le 9 Thermidor. Il revient alors dans son cher pays natal, avec sa jeune épouse Félicité d'Esparbès.

Ouvert aux idées nouvelles, membre actif des institutions politiques et académiques de notre région, il est nommé maire de Toulouse par Napoléon en 1811. Il se fait apprécier à la fois par ses qualités d'administrateur et de philanthrope, en montrant l'exemple lors de la grande disette de 1812. Il participe au développement de la Ville Rose (on lui doit notamment les plaques si pittoresques des rues du centre ville, losangées sur fond jaune ou blanc, inventant ainsi le premier système de repérage pour les étrangers) . En 1815 a lieu la Terreur Blanche, orchestrée par les réactionnaires ultraroyalistes. Lui le serviteur de son pays sous Empires aux opinions libérales et si modérées, est menace de mort par ces fanatiques de l'époque. Il doit se cacher et fait aménager dans sa demeure de Fonbeauzard un passage secret (toujours visible) relié à quelque souterrain. Plus tard, après la révolution de 1830, il est élu député puis nommé Pair de France. On sait qu'il a obtenu des faveurs pour ses concitoyens auprès des administrations parisiennes.

D'esprit très éclairé mais vivant modestement, il aimait avant tout les choses de la nature et les joies de la famille : il se consacra avec passion à son domaine de Fonbeauzard qu'il équipa des plus récentes découvertes. Il contribua à l'essor de l'agriculture bien au-delà de nos contrées.

Il mourut a Toulouse en 1846 et son cercueil fut suivi par un cortège de plus de trente mille personnes. Sa fille unique, Camille de Malaret, recueillit le domaine et le transmit en 1873 à son fils Auguste d'Aygues-vives député de la Haute-Garonne et Chambellan de Napoléon III. C'est le fils de celui-ci, Gaston d'Aygues-vives qui fut maire de Fonbeauzard dans l'entre-deux-guerres. Une autre légende court à Fonbeauzard : elle court avec "les petites filles modèles" de la Comtesse de Ségur, "née Rostopchine", Camille et Madeleine de Malaret. Or, celles-ci ont bien existé, puisqu'elles jouaient ici dans leur enfance. Elles venaient en effet voir leur autre grand-mère, non pas l'écrivain d'origine russe, mais leur bonne mamie toulousaine...